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Zoom sur: MyScienceWork (partie 1)

Découvrez la startup luxembourgeoise MyScienceWork expliquée par ses deux co-fondateurs, Virginie Simon et Tristan Davaille. Lancée le 3 septembre, la nouvelle version du site compte déjà plus de 40 000 inscrits, 350 000 visiteurs uniques par mois et recense plus de 29 millions de publications scientifiques. Après une première levée de fonds de 1,2 million d’euros en 2012, MyScienceWork finalise actuellement une nouvelle levée de fonds de 6 à 8 millions d’euros. Ses principaux objectifs? Monétiser le site via le lancement d’une version Premium et de la publicité ciblée, ouvrir de nouveaux bureaux en plus de ceux de Luxembourg et Paris, recruter de nouveaux collaborateurs et communiquer.

Virginie, Tristan, vous avez co-fondés MyScienceWork, pouvez-vous nous présenter la société en quelques mots ? Comment l’idée vous est-elle venue ? Comment vous êtes-vous rencontrés ? Quand avez-vous commencé l’activité ?

[…] je trouvais qu’il manquait réellement une plateforme commune pour que l’ensemble des chercheurs puissent travailler ensemble et partager l’information.

V. : « En ce qui me concerne, j’ai un parcours scientifique. C’est pendant ma thèse que j’ai eu l’idée de fonder MyScienceWork en faisant plusieurs constats. Je me suis rendue compte que je perdais beaucoup de temps à chercher l’information scientifique, à la traiter, etc.

Je travaillais à l’époque dans une startup et elle n’avait pas les moyens de payer des abonnements à toutes les revues scientifiques. On était spécialisé dans les nanotechnologies contre le cancer, donc des choses très pointues et on n’avait tout simplement pas accès à l’information. Je trouvais cela complètement incroyable et très handicapant.

Je me suis alors intéressée aux nouveaux courants de partage de l’information autour de l’Open Access. Il faut savoir que la science devient de plus en plus multidisciplinaire et les nanotechnologies en sont un parfait exemple. J’étais biologiste mais je travaillais aussi bien avec des physiciens, des chimistes et des informaticiens. On avait donc tous des spécialités différentes, des formations différentes, des journaux différents et je trouvais qu’il manquait réellement une plateforme commune pour que l’ensemble des chercheurs puissent travailler ensemble et partager l’information. »

T. : « Nous avons lancé la société en 2010. Mais pour répondre à votre question, on se connaît depuis 16 ans, et on a que 31 ans ! On a des parcours complètement complémentaires. Virginie a donc fait une école d’ingénieur puis une thèse et pour ma part j’ai étudié en école de commerce. J’ai travaillé ensuite trois ans à La Défense (Paris) chez Meilleurtaux.com, une filiale bancaire, en tant que directeur du contrôleur de gestion. Ensuite Virginie m’a proposé de rejoindre ce projet auquel on avait déjà réfléchi et on a décidé de s’associer. Depuis toujours l’entrepreneuriat me disait déjà beaucoup. »

V. : « C’est vrai qu’on a côtoyé tous les deux l’entrepreneuriat. J’ai eu plusieurs expériences dans des grands groupes pharmaceutiques mais ça ne me plaisait pas car c’était beaucoup trop spécialisé. J’aime bien faire plusieurs choses en même temps ! Toi aussi tu avais côtoyé l’univers startup. »

T. : « Oui, chez Meilleurtaux.com. Il y avait quand même 600 personnes et un PDG charismatique, Christophe Cremer, qui nous a aussi beaucoup aidé par la suite. On a vraiment été mis dans l’ambiance entrepreneuriat assez tôt avec cette conviction que « ça peut marcher » ! ».

V. : « Moi j’ai fait le choix de faire ma thèse dans une startup qui venait de se créer. On était 5. Et tout de suite avec les deux fondateurs je leur ai dit que ça m’intéressait de créer ma société plus tard. J’ai eu ainsi le privilège de suivre tout le processus de levée de fonds, et tout ce qui à trait à la vie des entrepreneurs. Et ça a confirmé mon souhait de créer ma propre société. »

Votre technologie est basée sur l’Open Access. Pourquoi avez-vous choisi ce modèle ?

Aujourd’hui on vit une véritable révolution et démocratisation de l’accès à la connaissance scientifique.

V. : «  Dans l’histoire des sciences, l’accès à la connaissance a toujours été très difficile et compliqué. Grâce à Internet ça c’est complètement transformé, que ce soit dans le domaine scientifique ou dans beaucoup d’autres secteurs. Aujourd’hui on vit une véritable révolution et démocratisation de l’accès à la connaissance scientifique. C’est vraiment passionnant. L’Open Access, c’est le courant, comme Open Data pour l’informatique, qui fait référence et qui fait en sorte que toute la vieille machinerie s’écroule ! Désormais les chercheurs ont de nouveau accès à leurs propres droits d’auteurs et peuvent publier et diffuser plus largement. Il y a toute une organisation qui est complètement changeante, et surtout beaucoup plus moderne ! »

Combien de publications regroupez-vous sur le site ? Comment les agrégez-vous ? Coopérez-vous avec des universités par exemple ?

MyScienceWork est vraiment un réseau social professionnel pour l’ensemble de la communauté de chercheurs, avec du contenu scientifique.

V. : « 29 millions ! On a un moteur de recherche central. MyScienceWork est vraiment un réseau social professionnel pour l’ensemble de la communauté de chercheurs, avec du contenu scientifique. Ce contenu scientifique ce n’est pas nous qui le créons, ce sont des revues de renom et des bases qui sont en Open Access. Soit nous faisons des partenariats avec elles, soit elles sont de toutes manières libres de droits. Nous les moissonnons, prenons l’ensemble de leurs contenus et les indexons dans notre moteur pour ensuite traiter l’information et proposer ce contenu, mais pas que. On a aussi une partie job, évènements, profil d’experts et une partie journalisme scientifique. »

Vous avez une communauté assez dynamique. Combien d’inscrits/de membres comptez-vous  et combien en visez-vous ? Qui sont-ils ? Comment vous faites-vous connaître auprès d’eux ?

Au mois d’octobre le site comptait 350 000 visiteurs. […] Nous visons 1 million d’utilisateurs d’ici la fin 2014.

T. : « On a commencé en 2010 en créant une page Facebook tout simplement. »

V. : « C’est la première chose qu’on ait faite, c’est gratuit ! »

T. : « La communauté a aujourd’hui beaucoup évolué. Depuis le lancement de la version définitive le 3 septembre dernier, et qui évolue toutes les 3 semaines, nous comptons près de 40 000 utilisateurs inscrits et 200 à 300 rejoignent MyScienceWork tous les jours. Au mois d’octobre le site comptait 350 000 visiteurs.

Ils viennent principalement d’Europe et des Etats-Unis mais nous constatons une très forte évolution de nombre de visiteurs venant d’Inde, de Chine ou du Maghreb. Cela peut s’expliquer par le nombre de chercheurs en très forte croissance dans ces pays et la difficulté qu’ont leurs universités à accéder à des abonnements à 2 millions de dollars auprès de grands éditeurs. D’où ce besoin pour ces visiteurs de se tourner vers MyScienceWork qui fait office d’émancipateur de la connaissance et du savoir.

L’archétype de l’utilisateur est le doctorant ou le post-doctorant qui recherche des publications précises dans son domaine tout en pouvant communiquer ou échanger avec d’autres scientifiques partageant sa thématique de recherche.

Nous nous faisons connaître auprès des chercheurs à travers des partenariats de visibilité mis en place avec leurs institutions. Nous avons commencé avec l’Université du Luxembourg et les universités françaises et commençons à nous faire connaître auprès d’universités étrangères.

Nous visons 1 million d’utilisateurs d’ici la fin 2014. »

V. : « Effectivement, notre communauté vient principalement des pays développés, l’Europe en générale et la France en particulier C’est là que l’aventure MyScienceWork a commencé. On travaille déjà avec les plus grandes institutions. Les pays limitrophes mais également les Etats-Unis sont des populations très intéressées par tout notre expertise science 2.0, Open Access, nouvelle technologie et nouveaux metrics scientifiques. Parallèlement il y a, comme Tristan le disait très bien, tous les pays en voie de développement qui n’ont pas du tout accès au contenu scientifique et qui trouve en MyScienceWork un moyen d’avoir accès gratuitement à des millions d’articles.

Dès demain, découvrez la suite de l’interview avec Virginie Simon et Tristan Davaille. Seront notamment abordés les sujets suivants : les sources de revenu pour l’entreprise, les levées de fonds, les ambitions mondiales de la startup et leurs meilleurs souvenirs !

 

Pour en savoir plus : www.mysciencework.com

Sur Silicon Luxembourg, nous avons choisi de vous faire découvrir de nouvelles startups à travers notre rubrique « Zoom sur ». De l’idée aux perspectives d’avenir en passant par le positionnement, le business model ou le financement, vous saurez tout sur l’histoire, l’activité et les ambitions de l’entreprise. Si vous souhaitez également nous faire découvrir votre startup cette rubrique est faite pour vous, contactez-nous !

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