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Zoom sur: MyScienceWork (partie 2)

Découvrez la suite du zoom sur MyScienceWork, la startup luxembourgeoise qui révolutionne l’accès à la connaissance scientifique. Virginie Simon et Tristan Davaille, les 2 co-fondateurs, nous expliquent aujourd’hui leur business model, leurs sources de financement, leurs ambitions mondiales notamment en Inde et en Chine et leurs meilleurs souvenirs!

Comment vous rémunérez-vous ? Quelles sont vos sources de financement ?

[…] nous travaillons à la mise en place d’une offre premium et tissons pour cela des partenariats avec d’importants acteurs du monde scientifique.

T. : « Nous avons plusieurs canaux qui génèrent du revenu. Le premier a été créé en 2011 et repose sur notre force de communication. On avait le blog, une journaliste scientifique et on commençait à écrire des articles et à animer la communauté. A partir de là, les institutions qu’on connaissait sont venues nous voir pour nous demander d’animer la leur parce que le Community Management était finalement peu utilisé dans ces institutions. On a donc monétisé nos prestations de rédaction d’articles, de live tweet, de vidéos, etc. Et finalement ça a permis à la filiale française de MyScienceWork d’atteindre l’équilibre financier.

La seconde source de revenus a été la mise en place de publicités ciblées en fonction du profil des utilisateurs et de leurs mots clés. Comme on a 300 000 visiteurs par jour… par mois pardon, ça arrivera bientôt (rires), on a créé des partenariats avec des groupes de communication pour mettre certaines bannières… »

V. : « … pour promouvoir des congrès, des conférences, etc. Comme le moteur de recherche est basé sur le web sémantique on peut s’adresser aux personnes spécialisées en fonction des mots scientifiques. C’est vraiment de l’information pertinente qui est mise en avant. »

T. : « Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui le monde l’édition scientifique via de l’Open Access est en train d‘être complètement révolutionné. De nouveaux modèles économiques sont en train d’émerger. De notre côté, nous travaillons à la mise en place d’une offre premium et tissons pour cela des partenariats avec d’importants acteurs du monde scientifique. L’accessibilité à certains articles serait alors payante moyennant un forfait avec des fonctionnalités supplémentaires. D’où notre volonté de relever des fonds pour développer à fond ce modèle économique. »

V. : « Ce que les gens savent peu c’est que le monde de l’édition traditionnelle était un modèle double-payeurs. On paye pour essayer d’être publié dans un journal, ensuite l’institution ou l’entreprise doit aussi repayer pour obtenir l’accès à ces données et on perd l’ensemble des droits d’auteurs. Donc c’était vraiment un système perdant-perdant. La seule chose qui le justifiait c’était la notoriété du journal. Maintenant soit les coûts sont beaucoup moindre soit l’accès est gratuit. Enfin il y a toujours une participation, mais pour les consultations ça devient de plus en plus ouverts. Désormais tous ces systèmes-là vont changer et même les éditeurs traditionnels se tournent vers l’Open Access et cherchent ce qui sera le bon modèle car ce sont des milliards de dollars qui sont générés par ces gros mastodontes de l’édition chaque année. »

Vous avez levé 1,2 million d’euros en 2012. Comment les avez-vous utilisés ?

C’est vraiment exceptionnel quand on voit les aides qui sont fournies dans d’autres pays. L’une des conditions c’est évidemment de créer des emplois.

T. : « Nous avons levé 1,2 million d’euros à travers deux sources de financement. La première via un fond d’investissement luxembourgeois, Edison Capital Partners. La seconde source a été la subvention de 600 000 euros obtenue dans le cadre de l’aide aux jeunes entreprises innovantes. Cette aide peut même aller jusqu’à 1 million d’euros pour certaines startups luxembourgeoises. Et je précise que c’est vraiment une aide, un appui, un suivi extrêmement régulier de la part de l’état sur la société. C’est vraiment exceptionnel quand on voit les aides qui sont fournies dans d’autres pays. L’une des conditions c’est évidemment de créer des emplois. Jusqu’à aujourd’hui on en a créé 10. On en a un 11ème à pourvoir en tant que commercial. »

V. : « Jusqu’à présent on avait eu les moyens de faire une version béta. Celle-ci nous a servi à valider, avec les chercheurs, la pertinence des fonctionnalités. Mais avoir autant de contenu et autant de personnes demande la mise en place d’une structure extrêmement complexe techniquement et très coûteuse en serveurs. Cette levée de fonds nous a permis de pouvoir créer cette plateforme et de la lancer en septembre dernier. »

Vous cherchez à nouveau à lever des fonds pour la fin de l’année, entre 8 et 10 millions ? Quels types d’investisseurs cherchez-vous ? A quoi vous servira cette nouvelle levée de fonds ?

Cette recherche de fonds nous permettrait vraiment d’avoir un effet accélérateur en termes de communication et marketing pour pouvoir très rapidement rejoindre le niveau de nos concurrents au niveau du nombre utilisateurs.

T. : « Nous sommes effectivement en cours de recherche de financement à hauteur de 6 à 8 millions auprès de fonds d’investissement privés qui auraient déjà une expertise dans des investissements de haute technologie. Nous avons besoin d’un levier extrêmement important quand on voit que nos concurrents actuels ont levé 35 millions de dollars pour l’un et 11 millions de dollars pour l’autre. D’une part, cette levée de fonds nous servira à accélérer la mise en place du modèle premium, révolutionnaire dans le domaine scientifique. D’autre part à accélérer l’ouverture de pays émergents tels que l’Inde ou la Chine à travers le recrutement de chargés de projets par pays et une politique de communication accrue. Enfin, à continuer de développer notre technologie et la plateforme et faire fonctionner dès maintenant notre business model rentable, alors que les autres n’en ont pas… »

V. : « Le secteur scientifique est vraiment très porteur. Il y a beaucoup d’argent en jeu et peu d’acteurs compte tenu de la complexité technique et de la multidisciplinarité que cela demande. Le plus grand concurrent qui est Research-Gate (Allemagne) a commencé en 2008 et vient de lever des fonds notamment auprès de Bill Gates avec lequel le fondateur s’affiche publiquement. Maintenant ce sont vraiment de grosses startups. Academia (Etats-Unis) est aussi très reconnue. Mendeley (Royaume Uni) également. On a 3, 4 acteurs comme ça qui sont nos concurrents. Cette recherche de fonds nous permettrait vraiment d’avoir un effet accélérateur en termes de communication et marketing pour pouvoir très rapidement rejoindre le niveau de nos concurrents au niveau du nombre utilisateurs. »

Vous avez aujourd’hui clairement une ambition mondiale. Prévoyez des recrutements ? Si oui quels profils, et des ouvertures de bureaux à l’étranger ?

Il nous semble nécessaire à moyen terme d’ouvrir un bureau dans chacun des ces zones géographiques.

T. : « Oui. Les marchés que nous sommes en train d’approcher sont assez difficiles d’accès sans une représentation locale. Pour l’instant nous passons par des cabinets de communication locaux afin d’assurer la transition. Il nous semble nécessaire à moyen terme d’ouvrir un bureau dans chacun des ces zones géographiques. Pour la Chine on ne sait pas encore, on n’a pas vraiment réfléchi à la mise en place de cette structure. Pour l’Inde ce sera plus simple. »

Quel est votre plus beau souvenir jusqu’à présent dans cette aventure MyScienceWork ?

Ce qui nous motive le plus c’est d’avoir réussi à créer une équipe jeune, dynamique et motivée.

T. : « C’est assez difficile comme question. L’aventure dans sa globalité est déjà formidable en soit malgré certaines phases difficiles et stressantes. Pour l’anecdote, la mise en ligne du site qui s’est effectuée autour du 3 septembre nous a laissé de très bons souvenirs. Quand on est resté avec l’équipe jusqu’à 3h du matin toutes les nuits pendant une semaine complète, c’était très très très bien en termes de cohésion et de moments forts partagés. »

V. : « Oui, vraiment ! Ce qui nous motive le plus c’est d’avoir réussi à créer une équipe jeune, dynamique et motivée. C’est vrai que quand on a de grands objectifs et une deadline pour la mise en ligne, qu’on y travaille tous jusqu’au bout de la nuit et qu’on fait cette mise en ligne à 3h du matin on est tous très contents et très fiers. Ça soude l’équipe et ce sont de belles expériences. »

Virginie, Tristan, merci beaucoup pour cette présentation très complète de votre startup MyScienceWork et bonne chance dans votre levée de fonds et votre développement international.

V. + T. : « Merci Charles-Louis pour ce zoom sur notre société ! »

 

Pour en savoir plus : www.mysciencework.com
Twitter: @MyScienceWork
Facebook: https://www.facebook.com/MyScienceWork

Sur Silicon Luxembourg, nous avons choisi de vous faire découvrir de nouvelles startups à travers notre rubrique « Zoom sur ». De l’idée aux perspectives d’avenir en passant par le positionnement, le business model ou le financement, vous saurez tout sur l’histoire, l’activité et les ambitions de l’entreprise. Si vous souhaitez également nous faire découvrir votre startup cette rubrique est faite pour vous, contactez-nous !

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